Rapport à la nature : quatre enseignements de la crise sanitaire

De la pandémie et du confinement peuvent être tirés quelques enseignements sur notre rapport à la nature et à la biodiversité.

La perte de biodiversité contribue à l’émergence de nouvelles maladies

Le SARS-Cov-2 aurait été transmis à l’homme par un animal, comme plus de 70% des infections émergentes au cours des quatre dernières décennies (article disponible à ce lien). La perte de biodiversité en est l’une des raisons : la destruction des milieux naturels tels que les forêts, du fait de la déforestation et des changements climatiques, conduit les espèces à se déplacer et à augmenter les contacts avec l’homme. Lorsque les contacts sont répétés, les microbes animaux peuvent s’adapter au corps humain et évoluer en pathogènes humains. Faut-il également rappeler que plus de la moitié de notre pharmacopée provient de la biodiversité ?

Les espaces verts atténuent les effets négatifs du confinement

41% des Français confinés dans une maison avec jardin éprouvent plus de stress qu’avant le confinement, contre 67% des Français confinés dans une maison sans jardin, indique l’étude menée par l’Ifop. Sans prétendre être une solution ultime face aux angoisses actuelles, disposer d’un accès à l’extérieur est source d’apaisement. Anne-Caroline Prévot, chercheuse en écologie au CNRS, rappelle en effet que la nature contribue à la santé psychique, à la restauration de l’attention et à la diminution du stress.

Les animaux reviennent en ville

Sans qu’il ne s’agisse d’un retour massif de la biodiversité, les animaux se font plus visibles. A Paris, les canards et les renards reviennent et les oiseaux se font entendre. Des dauphins ont été observés dans le Parc national des Calanques. En l’absence de perturbation humaine et profitant de la baisse des pollutions sonores, lumineuses et atmosphériques, les animaux redécouvrent la ville. La nature ne se limite pas à des espèces emblématiques, la biodiversité « ordinaire », spontanée, joue un rôle essentiel (alimentation, purification de l’eau, etc.). A nous d’en tirer des leçons lorsque nous ressortirons pour améliorer la cohabitation.

Et l’après ?

Pencherons-nous vers l’éradication des espèces suspectées de transmettre des infections et vers la désinfection des rues, au risque de polluer les cours d’eau, ou bien vers un regain d’intérêt pour la nature et les paysages ? L’interdiction des transports longue distance pourrait soutenir le tourisme rural, et les contraintes liées à l’exercice physique en milieu urbain encourager le sport de pleine nature. Nombreuses ont été les remises en question des urbains sur leur mode de vie et leurs conditions de travail. A voir si elles se traduisent par un retour à la terre…

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