L’eau potable est-elle de bonne qualité ? Et autres questions sur l’eau – 1

Ce premier article sur l’eau répond aux questions sur l’eau potable.

D’où vient l’eau potable ?

En France, les ressources en eau sont constituées d’un stock souterrain estimé à 2000 milliards de m3. La France dispose de 10 731 cours d’eau et 646 masses d’eaux souterraines.

L’eau est prélevée dans les eaux de surface (rivière, retenue artificielle, etc.) ou souterraines. 66 % des volumes prélevés pour l’alimentation en eau potable proviennent des eaux souterraines. Le prélèvement en eau est assuré par plus de 30 000 captages en France.

L’eau est ensuite clarifiée et désinfectée. Pour cela, l’ozone ou les rayonnements ultraviolets peuvent être utilisés. Le chlore permet de garantir la potabilité de l’eau jusqu’au consommateur. Si l’eau contient des substances polluantes, d’autres procédés peuvent être utilisés, notamment le charbon actif.

Une fois potabilisée, l’eau est distribuée ou stockée dans les châteaux d’eau, qui permettent de faire face aux pics de consommation et assurent une distribution à pression régulière. Le réseau de distribution d’eau potable est évalué à près d’un million de kilomètres de conduites. Le taux de perte, de l’ordre de 20%, reste élevé du fait de canalisations anciennes, de variation de pression et de mouvements de terrain.

Source : Eau France.

Combien consomme-t-on en France et à quel prix ?

L’eau prélevée est utilisée à 48% pour des usages domestiques, à 29% pour l’agriculture et à 24% pour l’industrie.

En France, chaque habitant consomme en moyenne 170 litres par jour. Si certains usages tels que le lave-linge et la chasse d’eau sont de moins en moins consommateurs, du fait d’équipements plus performants, la quantité d’eau utilisée pour la douche a augmenté de 14 litres par habitant et par jour en 20 ans. Ces chiffres ne portent que sur la consommation directe et n’incluent pas l’empreinte eau, c’est-à-dire le volume total d’eau utilisée pour la production d’un bien ou service. Produire 1 kg de blé nécessite plus de 1 000 litres d’eau, 1 kg de porc nécessite 4 600 litres d’eau et 1 kg de bœuf nécessite 13 500 litres d’eau.

Le service d’eau potable et d’assainissement n’est pas payé par l’impôt mais par les usagers du service. Pour des usages domestiques, le prix moyen du mètre cube est de 3,56 €, soit 0,36 c€ par litre, ce qui couvre l’eau potable, l’assainissement et les taxes visant à moderniser le réseau et lutter contre les pollutions. Le prix est fixé localement et peut varier en fonction de la qualité de l’eau brute (une moindre qualité nécessitant des traitements plus importants) et la densité de population permettant des économies d’échelle.

En copropriété, les compteurs d’eau froide individuels sont obligatoires pour les immeubles construits après 2007. Lorsqu’il n’y a pas de compteur divisionnaire, les répartitions des dépenses d’eau se font généralement au tantième des charges. L’individualisation des compteurs n’implique pas nécessairement l’individualisation des contrats : dans le cas de compteurs individuels avec un contrat collectif, les consommations d’eau seront refacturées au réel par le syndic, en plus de la part de la consommation d’eau pour les parties communes de la copropriété.

L’eau est-elle polluée ?

Un tiers des eaux de surface sont en bon état et deux tiers des eaux souterraines sont en bon état. La pollution peut être ponctuelle, dans le cas des rejets dans l’eau d’une usine, ou diffuse, par exemple par le recours aux pesticides sur des zones proches du captage. L’une des principales sources de dégradation des eaux de surface (cours d’eau, plans d’eau) et des eaux souterraines (nappes) est la pollution chimique. Les concentrations en nitrates et pesticides sont en diminution dans les cours d’eau et les eaux souterraines mais restent par endroits trop élevées. En 2017, un tiers du territoire français dépasse la concentration moyenne en nitrates au-delà de laquelle il est difficile de garder la ressource apte à la production d’eau potable.

Les micropolluants sont de plus en plus identifiés comme un problème, mais ne sont encore peu traités. Il s’agit de substances organiques ou minérales qui peuvent avoir une action toxique à très faible dose sur les organismes vivants. Ils peuvent être inorganiques (métaux) ou organiques (hormones, cosmétiques, plastifiants, résidus pharmaceutiques, fibres textiles libérées lors du lavage, etc.). Certaines substances sont qualifiées de perturbateurs endocriniens car elles ont un effet sur l’équilibre hormonal des espèces vivantes.

L’eau potable est-elle de qualité ?

La qualité de l’eau est surveillée par l’opérateur et par une agence indépendante. L’eau potable en France est de bonne qualité : 97,8% de la population est alimentée en permanence par de l’eau respectant les critères de qualités microbiologiques, 92,5% par de l’eau conforme au regard du paramètre pesticide et plus de 99% par de l’eau conforme à la norme de qualité relative aux nitrates.

Quelles mesures sont prises pour améliorer la qualité de l’eau potable ?

S’il est possible d’accroître les traitements pour éliminer les polluants, le plus efficace reste de réduire les pollutions à la source : limiter voire interdire le recours aux pesticides dans les zones agricoles proches des captages d’eau potable, ou encore interdire les plastiques à usage unique (prévu par la Loi économie circulaire à horizon 2040). En revanche, lorsque les concentrations en polluants sont trop importantes, le captage est fermé.

Qui est en charge de l’eau potable et de l’assainissement ?

L’autorité compétente pour l’eau et l’assainissement est l’intercommunalité, c’est-à-dire le groupement de communes. Cela permet de mutualiser les équipements et ressources. L’eau potable et l’assainissement peuvent être gérés directement par la collectivité, on parle alors de régie, ou alors délégués à un opérateur, généralement privé, qui peut être en charge uniquement de l’exploitation ou également des investissements. Le prix de l’eau est fixé par l’intercommunalité. Au sein d’une même intercommunalité (par exemple une ville et sa périphérie), différents opérateurs peuvent être en charge du service.

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