Quels sont les freins psychologiques à l’action contre le changement climatique ?

Malgré une prise de conscience croissante sur le changement climatique, trop peu de gens changent leur comportement, ou alors les changements sont insuffisamment ambitieux. Comment l’expliquer ?

Les barrières matérielles (réglementation, moyens financiers insuffisants, etc.) ne sont pas la seule explication, et comprendre les barrières psychologiques est indispensable.

L’inaction face au changement climatique peut se produire en trois phases : une connaissance insuffisante, une connaissance suffisante mais ne se traduisant pas en actes, ou encore des actes présents mais insuffisants. Robert Gifford, psychologue et professeur de psychologie et d’études environnementales à l’université de Victoria (Canada), propose 7 catégories de freins psychologiques face au changement climatique :

  • Rationalité limitée : cela inclut le manque de connaissances sur le changement climatique, l’absence d’impacts directs pour la personne, la sous-estimation du risque du fait de l’incertitude (inévitable dans ce domaine), la sous-estimation des risques s’ils sont lointains dans le temps ou l’espace, l’impression de ne pouvoir rien faire en tant qu’individu face à un problème global ;
  • Idéologies : l’adhésion au capitalisme, les croyances religieuses ou technologiques peuvent limiter l’adoption de comportements d’atténuation du changement climatique ;
  • Comparaisons aux autres, normes sociales et inaction (perçue ou réelle) des autres ;
  • Coûts irrécupérables & dissonance cognitive : la crainte de « gâcher l’investissement » (par exemple l’achat d’une voiture) peut limiter le changement de comportement (par exemple recourir aux transports en commun). Pour une personne du secteur des énergies fossiles, il peut être plus simple de refuser le problème (le changement climatique) plutôt que d’accepter de changer de travail. Le poids des habitudes ou encore des valeurs et aspirations à l’encontre de l’atténuation du changement climatique rentrent dans cette catégorie ;
  • Discrédit et méfiance, notamment envers les scientifiques, les médias ou les politiques ;
  • Perception du risque : les technologies vertes peuvent être perçues comme moins sûres techniquement, ou plus chères ;
  • Comportements limités : les convictions environnementales peuvent se traduire par l’adoption de comportements simples mais à impact limité, au détriment de changements plus conséquents. L’effet rebond s’inscrit également dans cette catégorie : l’achat d’ampoules basse consommation ou une meilleure isolation peuvent conduire à porter une attention moindre à la consommation énergétique par exemple.

Pour en savoir plus :

  • Gifford, R 2011, The Dragons of inaction : Psychological barriers that limit climate change mitigation and adaptation

Pour une illustration :