Les jeunes sont-ils plus engagés pour l’environnement ?

FridaysForFuture, la grève scolaire pour le climat lancée en 2018, a mobilisé plusieurs millions de jeunes dans le monde. En France, le Manifeste étudiant pour un réveil écologique a été signé par plus de 30 000 étudiants.

Cela souligne une préoccupation croissante des jeunes générations pour les sujets environnementaux, et notamment climatiques. L’étude publiée par le CREDOC en décembre 2019 le confirme : l’environnement est en tête des préoccupations chez un tiers des 18-30 ans, devant l’immigration (19%) et le chômage (17%). Le bénévolat et les manifestations sont des pratiques en progression : l’engagement des jeunes dans une association en faveur de l’environnement a été multiplié par 4 en 6 ans.

Et pourtant, les jeunes sont relativement peu impliqués dans les écogestes, y compris ceux qui ne génèrent pas de surcoût important. A titre d’illustration, le tri des déchets, le choix de produits moins emballés et la limitation de la consommation de viande sont moins fréquents chez les jeunes. L’étude du CREDOC le souligne : « la sensibilisation est aujourd’hui très forte, mais [elle] ne suffit pas au changement de comportement. »

Lorsque certaines pratiques considérées comme vertueuses pour l’environnement sont adoptées, les motivations ne sont pas forcément environnementales. Par exemple, l’achat d’occasion peut être motivé par la possibilité d’acheter plus. Les nouvelles pratiques de consommation ne remplacent pas forcément les formes traditionnelles, mais viennent souvent en complément.

En définitive, les jeunes se reconnaissent encore en majorité dans le modèle de la société consumériste. Sensibles aux enjeux et informés, ils ne sont pas prêts à remettre en cause leur mode de vie.

Laissons Clive Hamilton résumer le cœur, et l’ampleur, de l’enjeu : « nous devons changer notre façon de consommer. Cela signifie en réalité que nous devons renoncer à notre identité. »

Pour en savoir plus :