Artificialisation des sols, pourquoi est-ce un problème ?

Les sols artificialisés désignent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilités, notamment les routes et voies ferrées. En France sont aussi considérés comme artificialisés les chantiers, terrains vagues et espaces verts artificiels.

En France, 9,3% des sols sont artificialisés, les trois principaux postes étant l’habitat pour 42%, les routes pour 28% et les services et loisirs pour 16%.

L’artificialisation est en progression de 0,8% par an depuis 2010, malgré une faible croissance démographique et économique. A ce rythme, l’équivalent de la superficie d’un département est bétonné tous les 7 à 10 ans, ou la surface de Paris tous les ans. D’ici la fin du siècle, l’artificialisation pourrait atteindre 18% du territoire français…

En cause ? L’évolution des modes de vie et de consommation. De plus en plus de Français souhaitent une maison individuelle, notamment en péri-urbain, et le nombre de maisons secondaires augmente. Les constructions individuelles sont responsables de la moitié de l’artificialisation. Les zones commerciales sont également plus nombreuses, nécessitant également des réseaux routiers additionnels. Deux déterminants sont à prendre en compte : la faible valorisation du foncier agricole comparé aux terrains constructibles, et la sous-exploitation du bâti existant, par exemple la perte d’attractivité des logements en centre-ville.

L’artificialisation des sols a de multiples conséquences :

  • Perte de biodiversité, par la destruction des habitats naturels et des corridors ;
  • Hausse de la vulnérabilité aux inondations ;
  • Réduction du stockage de carbone ;
  • Contamination, notamment par hydrocarbures et métaux lourds ;
  • Diminution des terres disponibles pour l’agriculture et les espaces naturels, ce qui pourrait engendrer une perte d’autonomie alimentaire et de services écosystémiques (captation du carbone et de l’eau de pluie permettant de recharger les nappes).

Pour inverser la tendance, il faudrait limiter l’étalement urbain, densifier l’habitat et restreindre l’installation de nouvelles zones commerciales. Des dispositifs existent, mais ils sont peu contraignants ou peu utilisés.

Le Plan Biodiversité de 2018 fixe l’objectif de zéro artificialisation nette. Cela « suppose que toute nouvelle construction devrait être compensée par une déconstruction équivalente, par exemple dans des zones d’activités devenues vacantes ou des parkings surdimensionnés« , rappelle l’IDDRI. En pratique, l’artificialisation des sols peut être irréversible, notamment en cas de pollution des sols, et lorsqu’elle est réversible, elle reste complexe et coûteuse.

Pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette, l’argumentaire et le modèle économique et politique restent donc à trouver.

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