2019 : que s’est-il passé pour l’environnement ?

L’élément le plus marquant de l’année écoulée est sans doute l’écart croissant entre d’un côté, la mobilisation croissante de la société civile, portée notamment par les informations alarmantes des nombreux rapports sur l’état de l’environnement, et de l’autre l’incapacité des gouvernements à prendre et mettre en œuvre des mesures à la hauteur des enjeux.

Les alertes et les drames ont été nombreux. L’Amazonie et l’Australie ont été touchés par des incendies massifs, la France par des canicules, l’Inde par une crise de l’eau sans précédent, pour n’en citer que quelques-uns.

Des travaux conduits par des chercheurs du CNRS, du CEA et de Météo-France concluent, dans le pire scénario, à un réchauffement de 7°C à la fin du siècle. Dans le dernier rapport du Giec, le pire scénario conduisait à un réchauffement de 4,8°C sur la même période…

Toujours sur l’enjeu climatique, deux rapports spéciaux du Giec ont mis en lumière des thématiques insuffisamment prises en compte : l’état des sols de la planète et la façon dont leur exploitation par les humains affecte le climat pour le premier, et les conséquences du changement climatique pour les océans et la cryosphère pour le second.

En mars, l’adoption du rapport de l’IPBES a souligné le risque d’effondrement général de la biodiversité, du fait du changement d’affectation des terres (dont la déforestation), de la surexploitation des ressources terrestres et maritimes, des pollutions, des espèces envahissantes et du changement climatique.

En 2019, la société civile a cherché à se faire entendre : FridaysForFuture et Extinction Rebellion, mouvements lancés au cours du second semestre 2018, ont accru leur mobilisation. Les actions menées en justice contre les Etats ou les entreprises sont de plus en plus nombreuses, l’Affaire du siècle en est une illustration. Les entreprises, les investisseurs, les assurances et les villes se mobilisent également.

Et pourtant, la COP25 est un échec : les grands Etats n’ont pas rehaussé leurs ambitions, et aucun accord n’a été trouvé sur le système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre (article 6 de l’Accord de Paris).

L’année politique 2019 s’est néanmoins conclue sur une note positive : la nouvelle présidente de la Commission européenne a présenté le Pacte vert, visant la neutralité climatique de l’Union européenne à horizon 2050. L’objectif est d’intégrer l’enjeu climat dans toutes les législations de l’Union.

Sortir de la crise climatique ne reposera pas seulement sur le verdissement de quelques secteurs économiques. Laissons le mot de la fin à Clive Hamilton, « face à l’évidence du bouleversement climatique, continuer d’espérer revient à refuser la vérité. Tôt ou tard, nous devrons l’affronter, ce qui impliquera de passer par une phase de désolation et de désespoir, bref, de souffrir. Le bouleversement exigera que nous changions non seulement notre façon de vivre, mais aussi l’image que nous avons de nous-mêmes. »

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