L’économie circulaire nous fera-t-elle tourner plus rond ?

Face à l’épuisement des ressources, l’économie circulaire semble la promesse idéale. L’économie circulaire se définit « comme un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus » (ADEME).

Elle repose sur 3 piliers :

Source : ADEME.

La réutilisation de textiles usagés comme isolants, les plateformes de location de matériel ou encore les systèmes de chauffage de bâtiments à partir de l’énergie dégagée par des data centers sont des exemples d’économie circulaire. Ces projets vont bien sûr dans le bon sens, mais l’économie circulaire n’est une solution aux enjeux environnementaux qu’à plusieurs conditions souvent mises de côté.

La question des métaux, ressources non-renouvelables au même titre que les sources d’énergie fossile, est épineuse. Le recyclage consomme beaucoup d’énergie, et il est complexe voire impossible lorsque les matières sont mélangées ou présentes en petites quantités. Atteindre un taux de recyclage de 100% est impossible : de l’énergie se dissipe lors de l’usage du bien et lors du recyclage, la complexité des mélanges limite les possibilités de recyclage séparé, et les usages dispersifs (encres, cosmétiques voire chaussettes qui peuvent contenir du nano-argent) peuvent rendre le recyclage impossible. Les technologies vertes à l’image de la voiture électrique ou des éoliennes s’appuient souvent sur le recours à des ressources rares. A moins de revenir à des produits plus simples et réparables et d’interdire certains usages dispersifs, le problème semble insolvable.

Un autre problème est comportemental. Les plateformes d’échange, de don ou de revente, ou encore le covoiturage, viennent souvent en complément des modes de consommation habituels et non en remplacement, ou en tout cas n’ont pas incité à réduire le niveau de consommation. S’il est possible d’acheter un téléphone reconditionné à moitié prix, pourquoi ne pas en changer tous les ans ? Quant au covoiturage, il concerne principalement des trajets moyenne et longue distance. Selon une étude de la MAIF, ceux qui pratiquent le covoiturage uniquement en tant que passager sont plutôt jeunes, étudiants et urbains. Pas forcément le profil d’un propriétaire de voiture…

Sans repenser nos modes de consommation et les valeurs associées, l’économie circulaire ne sera pas une solution.

Pour en savoir plus :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s