Conférence climat, est-ce si COP-liqué ? (partie 1)

Tous les ans, des ministres du monde entier s’enferment pendant 2 semaines dans une grande salle et négocient un accord incompréhensible de grands principes sur l’environnement jamais mis en application. Vraiment ? Voici en quelques points les réponses aux principales questions sur les COP.

Cet article, la partie 1, porte sur les acteurs. La partie 2, disponible prochainement, porte sur les négociations.

Qu’est-ce qu’une COP ?

Une COP n’est pas spécifique aux négociations climatiques. La « Conference of the parties » désigne la réunion de tous les Etats signataires de certaines conventions. La Convention sur la Diversité biologique et le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ont aussi des COP. Dans la suite de ces deux articles, le terme COP s’appliquera aux COP de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), adoptée lors du Sommet de la Terre en 1992 à Rio. 

A Madrid aura lieu la 25e COP. La première COP a eu lieu en 1995, l’année suivant l’entrée en vigueur de la CCNUCC. La session dite « COP25 » réunit en fait plusieurs instances :

  • La 25e COP
  • La 15e CMP, qui réunit les parties du Protocole de Kyoto (pas exactement les mêmes que la COP)
  • La 2e CMA, qui réunit les parties de l’Accord de Paris
  • La 51e session du SBSTA, qui fournit un conseil sur les sujets technologiques et scientifiques
  • La 51e session du SBI, qui traite des questions de mise en œuvre (transparence, atténuation, adaptation, finance, technologie et renforcement des capacités)

Ces deux derniers sont des organes permanents. Ils se réunissent, ainsi que d’autres organes thématiques, plus fréquemment lors d’« intersessions », qui permettent notamment de préparer les négociations des COP.

L’Accord de Paris a été signé, pourquoi y a-t-il encore des COP tous les ans ?

L’Accord de Paris, adopté lors de la COP21 en 2015, vise à limiter le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle à 2°C voire 1,5°C par rapport à la période préindustrielle. Les COP suivant l’Accord de Paris portent ainsi sur l’élaboration des règles de mise en œuvre et sur le suivi des ambitions climatiques des Etats : financement, transfert de technologies, mécanismes de communication des Etats sur leurs politiques d’atténuation du changement climatique, etc.

Qui participe à la COP ?

Une COP réunit environ 20 000 personnes : délégués, observateurs et presse.

Les délégués peuvent être des fonctionnaires ou des experts. Les délégations nationales peuvent aussi accueillir des parlementaires, des journalistes et des représentants de la société civile. Entre délégations, des groupes de négociation se constituent par régions du monde ou par positionnement sur certains enjeux des négociations.

Sans faire partie d’une délégation nationale, une organisation peut solliciter le statut d’observateur auprès de la CCNUCC. Différents groupes sont reconnus : environnement, intérêts économiques, égalité des genres, peuples indigènes, jeunesse, agriculture, syndicats, recherche, collectivités locales, organisations confessionnelles, organisations intergouvernementales, éducation et parlementaires. En 2018, plus de 2000 ONG étaient accréditées, parmi lesquelles le CNRS, la Fondation pour la Nature et l’Homme et Greenpeace.

Certaines sessions de négociation, notamment les plénières, sont ouvertes aux observateurs, d’autres sont confidentielles. 

Quel est l’intérêt pour les observateurs ?

Pour les observateurs, l’intérêt est de suivre et d’essayer d’influencer les négociations en discutant ou soumettant des documents, de rencontrer d’autres acteurs, de faire parler des COP en-dehors du cercle des participants, ou encore de présenter des travaux dans le cadre des événements dits « side events ». Toutes les COP prévoient en effet un espace dédié à ces échanges. 

Pour en savoir plus :