Quel est l’impact du changement climatique d’origine anthropique sur les océans ?

Depuis 1900, le niveau moyen de la mer s’est élevé d’environ 19 cm. Relativement stable depuis 6 000 ans, le niveau des océans pourrait s’élever de 26 cm à 1 mètre par rapport au niveau actuel d’ici 2100. En 2050, 800 millions de personnes seront en danger.

La montée du niveau des océans et les risques de submersion sont fréquemment évoqués quand on parle du changement climatique. On les associe en général à la fonte des glaces. Pourtant, un autre facteur a une influence décisive, longtemps sous-estimée : la dilatation de l’eau.

Du côté des glaces, seule la fonte des glaciers et de la calotte glaciaire a un impact sur le niveau des mers. La fonte de la banquise n’influe pas sur le niveau de l’eau, en vertu du principe d’Archimède. Cet effet pourrait s’avérer énorme : si toute la glace de l’Antarctique et du Groenland fondait, le niveau des océans augmenterait de 70 mètres.

Tournons-nous vers le deuxième facteur. La hausse du niveau des océans est également due pour moitié à la dilatation de l’eau, résultant de l’augmentation de la température.

Qu’il s’agisse de la banquise, des glaciers ou de la calotte glaciaire, la fonte des glaces accroît le réchauffement climatique. En effet, l’eau reflète moins le rayonnement solaire que la glace. Il s’agit de l’une des rétroactions climatiques. La surface annuelle moyenne des glaces arctiques diminue de 3,5 à 4% par décennie depuis 1992, soit 1,5 fois la superficie de la France.

Un autre impact important de l’augmentation des concentrations de CO2 est l’acidification des océans. Les océans sont l’un des principaux puits de carbone, via deux mécanismes. Le premier mécanisme, physico-chimique, consiste en la dissolution du CO2 dans l’océan. Le deuxième mécanisme, biologique, consiste en l’absorption du CO2 par le phytoplancton.

Source : Surfrider Foundation Europe.

L’augmentation de la concentration du CO2 atmosphérique accroît la dissolution du CO2 dans l’eau, ce qui libère des ions H+ et réduit le pH de l’eau, et donc augmente l’acidité. Le pH des océans a diminué de 8,2 à 8,1 depuis l’ère préindustrielle, et cette valeur pourrait encore diminuer de 0,3 d’ici la fin du siècle. L’échelle du pH est logarithmique : le changement de 0,1 correspond déjà à une hausse de 30% de l’acidité des océans. Cela perturbe la calcification, notamment pour des espèces à la base de la chaîne alimentaire. L’impact sur les écosystèmes est peu connu, mais une augmentation du CO2 atmosphérique pourrait à terme causer la perte de nombreuses espèces marines.

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