Est-on écolo si on va travailler chez Tatol en vélo ?

Le titre est caricatural mais le sujet sensible : est-on un « mauvais écolo » si l’on adopte des éco-gestes tout en travaillant dans une activité qui n’a pas sa place dans un scénario de transition ?

Rien que sur l’enjeu du climat, les leviers de réduction de l’empreinte carbone disponibles à l’échelle individuelle ne portent que sur un quart des émissions, les trois quarts relevant de l’action collective. Les éco-gestes ne suffiront pas, il est indispensable de faire changer les organisations, les métiers et les formations. Illustration de cette attente croissante, le Manifeste étudiant pour un réveil écologique, qui appelle à la mobilisation de l’ensemble des acteurs de la société, a été signé par plus de 30 000 étudiants. Le collectif propose des questions à se poser pour choisir son employeur et à poser en entretien pour mieux comprendre la politique environnementale de l’organisation. Des outils sont proposés pour impliquer les établissements d’enseignement.

Pas la possibilité de changer de travail ou d’entreprendre une formation, trop d’obligations personnelles, les raisons sont personnelles et diverses. Il est vrai que le jeune diplômé soutenu financièrement par ses parents peut prendre le temps de trouver un travail contribuant à construire un monde plus durable, ce qui s’avérera complexe pour la personne ayant des enfants à charge et le prochain voyage (à vélo) à organiser.

Voici donc quelques pistes d’action pour contribuer par son métier à une société plus durable :

  • Exercer ses compétences dans une organisation à vocation sociale ou environnementale : communication, finances, gestion, ces compétences sont autant utiles à une grande entreprise qu’à une association ou à une entreprise sociale ;
  • Mettre ses compétences à disposition de projets d’intérêt général : de plus en plus d’organisations propose un mécénat de compétences, permettant aux collaborateurs d’accompagner sur une journée, quelques jours ou plus une association ;
  • Changer son organisation de l’intérieur : initier de nouveaux projets répondant à un besoin social et/ou environnemental ou changer les modes d’organisation sont des objectifs ambitieux à porter, mais les collaborateurs ont l’avantage de la connaissance de l’organisation ;
  • « Verdir » son emploi : faire évoluer un secteur vers plus de durabilité nécessite d’en connaître les rouages. La compréhension du secteur financier sera un atout pour un analyste RSE, tandis que quelqu’un qui souhaite promouvoir les matériaux biosourcés ou issus du réemploi gagnera à connaître les méthodes du secteur de la construction.

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