Faut-il renoncer aux voyages ?

« Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace. » Alexandra David-Néel, écrivaine et exploratrice

Le bilan environnemental du tourisme est de plus en plus lourd : responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre (transport, alimentation et hébergement), les ravages du tourisme de masse sur l’économie locale sont fréquemment pointés du doigt. En Méditerranée, le tourisme génère également une augmentation de 40% de la pollution marine. La « honte de prendre l’avion » a mis en lumière l’impact du secteur aérien, mais le transport maritime est également fortement émetteur : France Nature Environnement a relevé une pollution 10 fois plus élevée lors du départ ou de l’arrivée de navires jusqu’à 2 kilomètres du port à Ajaccio. Sans parler de la pollution marine…

Si la tendance se poursuit, en 2050, la consommation énergétique du tourisme augmentera de 154%, les émissions de gaz à effet de serre de 131%, la consommation d’eau de 152% et les déchets de 251%.

Il n’est pas rare de rencontrer quelqu’un qui se déplace au quotidien à vélo, fait ses courses en vrac et achète de saison, mais ne peut se résoudre à ne plus prendre l’avion pour voyager. L’attrait pour l’inconnu, la découverte de lieux magnifiques, les rencontres, voyager possède un pouvoir d’attraction unique. Au 19e siècle déjà, le voyage faisait partie de l’éducation des jeunes (hommes) les plus fortunés, qui entreprenaient pour certains le Grand Tour en Europe.

Faut-il renoncer à voyager ?

Voici quelques pistes de réflexion, selon le niveau d’engagement souhaité et vos possibilités :

  • Si vous partez 3 à 4 fois par an, une semaine à chaque fois, pourquoi ne pas partir moins souvent mais plus longtemps, en prenant le temps de choisir le lieu que vous souhaitez vraiment découvrir ?
  • Ne pas considérer vacances et voyage comme synonymes : vous souhaitez randonner, vous reposer, lire, apprendre une nouvelle langue ? Et si vous preniez des vacances chez vous, ou chez votre grand-mère en Corrèze ?
  • Lors du choix de la destination, s’intéresser à des endroits proches. Avez-vous visité les lieux historiques ou naturels, selon vos centres d’intérêt, dans un rayon de 2h autour de chez vous ?
  • Côté transport, privilégier les modes de transport décarbonés : train, vélo, à pieds, pourquoi pas en kayak ?
  • Voir le trajet comme une partie du voyage : pourquoi ne pas d’ailleurs s’arrêter en cours de trajet, pour découvrir de nouveaux endroits ?
  • Lors du choix de l’hébergement, éviter les complexes hôteliers, source de pollutions et néfastes pour l’économie locale ;
  • Et surtout, avoir conscience de l’immense valeur d’un voyage. La facilité de communiquer et de se déplacer de nos jours ne doit pas occulter tout ce qu’un voyage a d’extraordinaire : la rencontre, l’échange, la découverte, la surprise et l’apprentissage y compris sur soi.

Laissons à Marcel Proust le mot de la fin :

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux ».

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