Circuits courts pour les produits alimentaires : quels bénéfices environnementaux ?

Les circuits courts gagnent en popularité : en 2010, un cinquième des exploitations françaises vendaient leur production par ce biais, pour 6 à 7% des achats alimentaires (ADEME).

Ventes directes à la ferme, achat sur les marchés, AMAP, les circuits courts alimentaires de proximité répondent à deux critères : des circuits de vente directe ou avec un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur, et une distance raisonnable entre le lieu de production et celui de consommation (d’une trentaine à une centaine de kilomètres).

Les circuits courts pas forcément un bilan carbone moindre que la production conventionnelle. Les bénéfices des circuits courts pour les produits agroalimentaires sont davantage socioéconomiques qu’environnementaux, selon le Commissariat général au développement durable.

L’impact carbone des produits agroalimentaires est dû à trois postes : en tête la production, puis la transformation, le stockage et le transport.

Commençons par la production, responsable des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. Dans les petites exploitations des circuits courts, le ratio impact carbone par quantité de produit peut être défavorable par rapport à l’agriculture conventionnelle, même si peu d’intrants sont utilisés, car les rendements sont plus faibles. Pour limiter les émissions de gaz à effet de serre lors de la production, les deux principaux facteurs sont : respecter la saisonnalité des produits, et soutenir les méthodes respectueuses du sol et des écosystèmes (cultures intercalaires, prairies, etc.).

Sur le poste transport, responsable de 11% des émissions, l’effet quantité joue aussi : les circuits courts ont recours principalement au transport routier, le chargement est parfois peu optimisé et le retour à vide se fait fréquemment. « Un véhicule utilitaire léger de 3,5 tonnes, utilisé par un producteur pour vendre ses produits au marché, va émettre en moyenne 1 068 grammes de CO2 par tonne/kilomètre (g CO2/t.km) alors qu’un ensemble articulé de 40 tonnes transportant des marchandises sur une longue distance (du port de déchargement à une plateforme logistique de supermarché) va émettre 84 g CO2/t.km », selon le CGDD.

Le consommateur a aussi sa part de responsabilité, et il peut se déplacer encore plus si les points de vente sont dispersés.

Les circuits courts présentent bien sûr des avantages. Les circuits courts ont moins recours aux intrants, voire sont engagés en production biologique, et permettent de relocaliser les impacts. Les circuits courts génèrent moins de déchets dus à un conditionnement moindre. La réduction du temps entre la production et la commercialisation permet de limiter les procédés de conservation. Du point de vue socioéconomique, les circuits courts permettent de soutenir l’économie locale, de renforcer le lien entre producteur et consommateur et de sécuriser les approvisionnements.

Pour limiter l’impact carbone des circuits courts, il est donc nécessaire d’agir sur les modes de production, de transformation et de transport. L’idéal serait donc de favoriser les méthodes de travail les plus respectueuses de l’environnement, les produits de saison et les moins transformés possibles, et de choisir des modes de transport doux. Ou encore de mutualiser les achats avec des voisins !

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